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"La
plupart de ses films sont des films de femmes. Et
parmi toutes ces femmes, il était sans doute
la plus forte. Il aimait leur désespoir et
en faisait la matière de ses films. Ce qui
est certain, c'est qu'avec sa mort tout le nouveau
cinéma allemand fut enterré - et ses
nombreuses veuves portent encore le deuil aujourd'hui.
"
Rosa
von Praunheim
Selon
le réalisateur Rosa von Praunheim, activiste
notoire de la cause homosexuelle, Fassbinder "pouvait
s'identifier aux femmes en tant qu'homosexuel d'une
manière qui n'est pas à la portée
des autres hommes". Tous deux ont commencé
à faire des films au même moment, après
avoir été recalés à l'Ecole
de Cinéma de Berlin, mais avec des fortunes
diverses. "Naturellement, j'étais jaloux
du succès rapide de Fassbinder", souligne
Rosa von Praunheim. La relation entre les deux cinéastes
fut tendue dès leur première rencontre,
d'autant qu'ils travaillaient alors avec les mêmes
acteurs.
Lorsque Rosa von Praunheim parle de Fassbinder, il
le fait donc en tant que contemporain et concurrent
direct. Pourtant ce sont les stars féminines,
de Hanna Schygulla à Jeanne Moreau, qui forment
le thème principal de son documentaire.
Il réserve une large place à Irm Hermann,
qui accompagna Fassbinder dès le début
et joua dans 19 de ses films.
Il interroge Ursula Strätz, qui fonda à
Berlin l'Action-théâtre, où Fassbinder
fit sa première apparition sur scène.
Il s'entretient avec la patronne d'une brasserie aussi
bien qu'avec sa productrice, Regina Ziegler, ou qu'avec
la gérante de son uvre, Juliane Lorenz.
Pour chacune, les souvenirs sur Fassbinder se mêlent
de rêves, de souhaits, d'attentes et de déceptions.
Le regard documentaire de Praunheim bouscule les clichés
et permet d'envisager "le phénomène
Fassbinder" d'une manière nouvelle. Dès
lors, son travail devient à son tour une pièce
importante de l'histoire du cinéma allemand.
Rosa
von Praunheim naît en 1942 à Riga sous
le nom de Holger Mitschwitzky. Au milieu des années
60, il étudie à l'Ecole des Arts Pratiques
de Berlin Ouest. Depuis 30 ans, il se bat en faveur
de l'émancipation publique des homosexuels.
Depuis le succès de son film Ce n'est pas
l'homosexuel qui est pervers, mais la situation dans
laquelle il vit (1970), il est connu du large
public. Avec le film et les déclarations qui
y sont liées, Rosa von Praunheim a contribué
à sensibiliser un plus large public aux problèmes
sociaux des homosexuels. Depuis les années
80, il est considéré comme avant-gardiste
en matière d'information sur le sida.
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