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revue de presse

 


Avec : Karim Ben Sadia (Selim), Yamina Amri (la mère de Selim), Fatima Itim (la mère de Nasser), Stéphane Ferrera (capitaine), Pierre Baux (lieutenant)

Réalisation: Philippe Faucon
Scénario :
Philippe Faucon ; librement adapté de Paris-Bihac, un récit de Marc Benda et François Crémieux, et inspiré d'entretiens avec Brahim Arbia, David Fristot, Bouchta Saïdoren
Photographie : Pierre Milon
Son : François Maurel
Montage : Philippe Faucon et Matilde Grosjean
Coproduction : La Sept ARTE, Humbert Belsan, Ognon Pictures Marseille, 1994.

Selim, un jeune beur homosexuel, doit affronter, de Marseille à Bihac, l'incompréhension et l'intolérance de deux milieux hostiles : sa famille et l'armée.

Synopsis

Selim annonce à ses parents son homosexualité. Son père, effacé, s'enfonce dans le mutisme. Sa mère ne comprend pas, et surtout ne conçoit pas que son fils préféré ne devienne jamais le patriarche d'une nouvelle famille. Appelé sous les drapeaux, Selim quitte bientôt Marseille pour la poche de Bihac, en Bosnie-Herzégovine. Il y découvre le monde militaire avec son racisme ordinaire et son manque de tolérance. Mais, être "casque bleu" en Bosnie, c'est découvrir aussi que la guerre n'est pas un jeu d'enfants, que ses enjeux nous dépassent parfois. Certains soldats se demandent à quoi sert concrètement de préserver la paix s'ils doivent fermer les yeux sur des crimes qui continuent. Pour tromper leur ennui, ils boivent, trop parfois, et leurs doutes se transforment en violence...

Le silence et la violence

Ecrit à partir de divers témoignages, ce téléfilm décrit, dans un style d'une grande sobriété, l'itinéraire d'un jeune Marseillais immigré de la seconde génération. Le film s'ouvre sur les difficultés de communication au sein de la famille. Chaque membre, à sa façon, exprime son désaccord face au choix de vie de Selim. C'est par un silence pesant que le père donne son avis ; le frère, quant à lui, laisse exploser sa colère devant les enfants de la cité. La mère, d'abord très déçue, est finalement rassurée par une voisine. C'est en français que Selim s'explique, même si quelques mots d'arabe viennent émailler son discours. Sa mère, elle, ne parle que l'arabe. Deux langues et deux cultures se répondent sans se comprendre. On voit ensuite Selim faire ses premiers pas dans l'armée. En Bosnie, il découvre la différence qui existe entre l'image que l'on donne des"casque bleu" n'a rien à voir avec la réalité de leur mission sur le terrain. Ici, le barrage de la langue est inexistant. Pourtant, les rapports humains sont tendus et la communication est absente, aussi bien entre les divers échelons de la hiérarchie qu'entre soldats de même rang. Finalement, à l'armée comme à la guerre, le seul langage compris de tous est celui de la force. Mais c'est son retour dans le milieu familial, après l'intermède militaire, qui permettra à Selim d'affirmer sereinement sa différence, d'être prêt pour un nouveau départ.

Philippe Faucon a déjà tourné pour l'Unité Fictions de La Sept ARTE Sabine (1991) et Muriel fait le désespoir de ses parents (1994).