
"Ô Marie ! Console-toi d'être toute petite, les fleurs et les étoiles le sont aussi." Une des phrases restée gravée dans la pierre de la Casa Mila.
Samedi 20 septembre à 20.15 inédit
Retrouvez la présentation de la Casa Mila en images : Haut débit / Bas débit
La Casa Milá
Architecte : Antoni Gaudí
Réalisation : Frédéric Compain
Coproduction : ARTE France, Les Films d’Ici, Le musée d’Orsay (2003) Avec « La Casa Milá » immeuble d’habitation construit à Barcelone entre 1906 et 1912, Antonio Gaudí signe une de ses œuvres les plus singulières.
Antonio Gaudí est une personnalité totalement singulière dans l’histoire de l’architecture. Il est né en 1852 à Reus dans la province de Barcelone, dans une famille d’origine modeste, où l’on est artisan-chaudronnier depuis trois générations. Il fait ses études d'architecture à Barcelone, ville dans laquelle il s'établit. Il ne quittera jamais la Catalogne, à laquelle il est viscéralement attaché et où il travaillera presque exclusivement jusqu'à la fin de sa vie.
En 1906, des fabricants de céramique commandent à Gaudí un immeuble d'habitation, qu’ils veulent monumental. Cette volonté des commanditaires d'afficher leur prospérité n'est pas pour déplaire à Gaudí qui trouve que "Barcelone manque de monument" et va donc s'atteler à satisfaire la commande en concevant la Casa Milá comme un monument dédié à la Vierge du Rosaire. Il en résulte effectivement un édifice monumental, sorte de masse plastique qui évoque une gigantesque sculpture où un immense piédestal, chargé d'accueillir la sculpture de la Vierge, est commandé pour orner le toit de l'immeuble. La polychromie, très présente dans les réalisations de Gaudí, est ici plus limitée en façade et s'efface au profit d'un seul et même matériau, une pierre blanc crème qui donne son surnom, la "Pedrera", (la carrière) à l'édifice. Gaudí reconnaissait lui même avoir réalisé avec la façade de la Casa Milá une transcription architecturale d'un site rocheux situé à une vingtaine de kilomètres de Barcelone dont il vantait particulièrement la beauté naturelle.
 C'est dans les détails que Gaudí laisse libre cours à son goût de la décoration. Le travail de ferronnerie des balcons et la polychromie des balustrades évoquent la végétation, les feuilles et les plantes grimpantes. Sur le toit de l'immeuble, les cheminées et les systèmes de ventilations, travaillés avec des fragments de marbre et de céramique ressemblent à autant de guerriers casqués, tandis que les escaliers des combles débouchant sur la terrasse sont coiffés de formes arrondies variées, surmontées de croix, et destinées à servir de décor au groupe de la Vierge et des deux anges.
Tour à tour qualifiée « d’abri pour dinosaures » ou encore « d'océan caverneux », la Casa Milá n'a pas toujours suscité l'admiration de ses contemporains. L'engagement de Gaudí aux côtés de la bourgeoisie catholique catalane lui attire bientôt les critiques des républicains. En juillet 1909, suite aux émeutes anti-cléricales qui secouent la ville et à l'incendie d'une cinquantaine d'établissements religieux, les commanditaires renoncent à la mise en place de la sculpture dédiée à la Vierge que Gaudí avait projetée pour couronner la façade, de même que la petite tour, elle aussi dédiée à la Vierge. Déçu par ce renoncement, Gaudí abandonne une grande partie des travaux de finitions à ses collaborateurs. la Casa Milá restera inachevée.
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