
Theodor W. Adorno
Vendredi 1er août 2003 à 23h10 Adorno et l’école de Franfort
Vendredi 8 août 2003 à 23h00 Adorno, bourgeois révolutionnaire
Documentaire en deux parties de Meinhard Prill et Kurt Schneider (Allemagne, SWR, 2003-59mn)
Admiré aussi bien pour le mordant de sa pensée que pour le ciselé de sa langue, Theodor Wiesengrund Adorno fut le maître à penser, la référence, la conscience critique de la jeune République fédérale d’Allemagne. La ville de Francfort fête cette année le centenaire du plus célèbre de ses fils après Goethe. Portrait en deux volets dont le premier est consacré à l’école de Francfort.
Pour Adorno, ce qu’il faut faire passer avant tout dans l’Allemagne d’après guerre si l’on veut que le pays puisse prendre un nouveau départ, c’est l’exigence qu’Auschwitz ne se répète jamais. Toute sa vie, cet intellectuel et amateur d’art se posera en effet la question : “Comment Auschwitz a-t-il pu exister parmi des hommes et des femmes plutôt bien élevés et sans agressivité particulière ?” À son retour des États-Unis en 1949, il développe à partir de ce thème une réflexion critique d’ensemble qui porte notamment sur les rapports entre la culture et le “monde administré” de la société industrielle avancée. L’Institut de recherche sociale de Francfort, creuset de la fameuse “école de Francfort” dont Adorno était membre depuis 1938, a été réinstallé après guerre comme établissement privé, fonctionnant parallèlement à l’université. Il va rapidement devenir le lieu d’études et le point de ralliement de jeunes intellectuels tels que Jürgen Habermas, Joachim Kaiser ou Bazon Brock. Adorno en prend la direction en 1958 à la suite de Horkheimer et en restera le patron jusqu’à sa mort en 1969. Au cours de cette décennie, Adorno est de tous les débats critiques sur la société. À la fin des années 60, il est associé, de manière souvent polémique, au mouvement étudiant et à la nouvelle gauche allemande. Or en tant que philosophe, il ne peut que dénoncer la “pseudo-activité” de certains groupes révolutionnaires violents et il se heurte rapidement aux attaques de la gauche radicale. Richard Sennett, Pierre Boulez, Alexander Kluge, Joachim Kaiser, ses étudiants ou ses proches d’alors éclairent par leur témoignage cette période de réflexion exigeante et d’échanges intenses.
Vendredi 8 août 2003 à 23h00
Adorno, bourgeois révolutionnaire
Theodor Wiesengrund Adorno fut le maître à penser, la référence, la conscience critique de la jeune République Fédérale d’Allemagne. La ville de Francfort fête cette année le centenaire du plus célèbre de ses fils après Goethe. Seconde partie du portrait. Avant de devenir l'un des plus brillants sociologues du XXe siècle, Adorno, élevé par une famille qui favorise son épanouissement musical, veut être musicien. Après avoir soutenu en 1923 une thèse sur Husserl à l'université de Francfort, il part à Vienne suivre des cours de piano et de composition, notamment auprès d'Alban Berg (c'est lors de ce séjour à Vienne qu'il rencontre le jeune marxiste Max Horkheimer, aux côtés duquel il travaillera à l'Institut de recherche sociale). Mais il n'arrive pas à s'enthousiasmer pour l'avant-garde musicale de son temps. Néanmoins, toute sa vie durant, il écrira des ouvrages et des articles sur la musique, principalement contemporaine. Sa propre œuvre musicale, qui comprend des pièces pour quatuor à cordes, un trio pour cordes et une ébauche d'opéra, est inspirée par la poésie de Georg Trakl, Kafka et Brecht. Son intérêt pour l'art qui l'amène à échafauder une Théorie esthétique qui restera inachevée après sa mort, en 1969. Certains de ses écrits sur ce sujet paraîtront néanmoins à titre posthume. Des "grands témoins", élèves, contemporains d'Adorno – Pierre Boulez, Alexander Kluge, Richard Sennett – apportent des éclairages nouveaux sur ce chercheur qui fut aussi un homme de culture, un intellectuel bourgeois et grand amateur d'art. Le documentaire permet aussi de découvrir des éléments jusqu'alors inconnus sur Adorno dans l'intimité.
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