Mardi 18 novembre 1997

Entrée en matière : le polymère

extrait "Entrée en matière" Archimède 18 novembre 1997

      

A l'oeil nu, rien d'autre qu'un banal jouet d'enfant, fait d'une matière plastique nommée polyéthylène. Un matériau qui a envahit notre quotidien par son aptitude à se laisser façonner en objets inimaginables auparavant. De plus près, une trace de bulle dans la matière moulée nous dévoile l'organisation du polyéthylène. Une multitude de cercles concentriques se dessine. Chaque série d'anneaux représente la surface d'une boule de polyéthylène appelée sphérolite. D'encore plus près, le sphérolite se révèle constitué d'un enchevêtrement de lamelles. Celles dont nous nous rapprochons sont couchés à plat, ce qui va donner cette apparence d'anneaux à la surface de l'objet. En descendant dans le détail des lamelles, des plis se font jour. Ils résultent du repliement des très longues chaînes de molécules qui composent le polyéthylène. Cet empilement va donner une grande compacité à la structure en même temps qu'un caractère très désordonné qui empêche le microscope de discerner plus avant. La microstructure nous apparaît alors floue.

Voyage au centre de la matière

Le relief de l'invisible, coproduite avec la Cité des sciences et de l'industrie et diffusée dans Archimède sous le titre Entrée en matière, est une série de petits films d'une durée de 90 secondes qui nous entraînent jusqu'aux limites de ce qui est accessible : une plongée en continu dans la matière, en partant de la surface d'un matériau - acier, aluminium, béton, céramique, bois... - pour aboutir à l'empilement des atomes qui le constituent. A la base de cette prouesse technique, des images réalisées par microscopie électronique dans les laboratoires européens les plus performants, puis retravaillées numériquement.

Un même principe visuel est utilisé dans chaque film : un zoom-avant régulier et fluide, partant de l'objet, de sa "matière" telle que nous la percevons à l'œil nu, puis "s'enfonçant" grâce aux images issues de microscopes de plus en plus puissants jusqu'à parvenir à sa structure fondamentale. Le niveau des atomes est visualisé grâce à un microscope à effet de tunnel et à des images de synthèse spécialement créées pour cette série. Pendant toute la durée de ce "voyage", la mesure du grossissement de l'image s'affiche dans un coin du cadre et permet d'évaluer à chaque instant la "profondeur" de notre plongée : les grossissements atteints sont de l'ordre de plusieurs millions. Une voix off décrypte l'image, explique les raisons de la dureté, de la sensibilité à la chaleur ou de la transparence de chaque matériau.

Entrée en matière à suivre dans Archimède : l'acier (16 septembre 1997), le béton (23 septembre), le laiton (14 octobre), l'aluminium (21 octobre), le polymère (11 novembre), l'argile (18 novembre), la céramique (2 décembre), le carbone (9 décembre). En janvier 1998 : la cellulose, la dent, le cheveu. En prévision : le silicium, le corail, la peau...