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Torrents
de boue
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Vous croyez être dans une
nature paisible ? Archimède vous montrera que
cette image bucolique cache une menace naturelle que nous
allons analyser quand un orage violent se déclenche sur
les sommets de la montagne, un torrent naît. Son débit
est proportionnel à l'importance de la pluie . Le
torrent charrie des matières solides, argiles, graviers
et blocs rocheux. Mais, avant de parler de catastrophe
examinons comment le torrent se comporte par temps sec.
Pour mieux comprendre observons un modèle de
laboratoire. Dans une gouttière transparente inclinée
simulant le torrent, l'eau pure coule de façon
turbulente. Les molécules d'eau sont agitées de
mouvements irréguliers dans toutes les directions.
Pour mettre en évidence cette propriété de l'eau on
peut utiliser un colorant, ... celui-ci diffuse
rapidement dans tout le liquide. Si on remplace du
colorant par de très petites particules solides, leur
diffusion est identique. C'est ainsi que dans la nature
les petites particules d'argiles restent facilement en
suspension dans l'eau. La coloration foncée des
rivières témoigne de la présence de la boue arrachée
au lit et à la berge des torrents lors d'une crue. Pour
colorer sensiblement un litre d'eau, quelques grammes
d'argile suffisent. Après avoir laissé le mélange au
repos pendant environ une heure, la quantité de
particules solides recueillies au fond du récipient
reste faible par rapport au volume d'eau. C'est dire que
les boues déposées par les eaux dans ce village
témoignent du passage d'une quantité considérable
d'eau. Ce sont ces boues qui créent le plus de dégât.
Comme on le voit sur cette simulation, l'eau arrache
également des grains, des sables, des cailloux. Ils sont
en général trop lourds pour rester en suspension, et
sont entraînés par le flot : ils roulent sur le fond ou
bondissent de place en place : c'est ce qu'on appelle le
charriage. La vitesse moyenne des graviers est
inférieure à celle de l'eau et la dynamique de leurs
mouvements est spécifique. Quand le tas est suffisamment
important et que sa pente est supérieure à une valeur
limite, les cailloux s'écoulent par avalanches
indépendamment du débit de l'eau. Les grains avancent
tous ensemble restant en contact les uns avec les autres.
Ceci est apparent lors du déclenchement des glissements
de terrain. Ces manifestations sont connues et facilement
étudiés. Il s'agit de physique des grains de sable dont
nous avons déjà parlé dans Archimède. Une pluie
diluvienne s'abat sur la montagne. Se produit alors un
phénomène violent qui possède une dynamique
spécifique. Cet événement filmé par une camera d'
amateur est appelé "lave torrentielle".
L'écoulement de ces mélanges de boues et de rochers,
canalisé par le lit du torrent, est brutal, rapide et
dévastateur. De retour au laboratoire voici une
représentation de la lave torrentielle. L'écoulement de
ce mélange de boue et de rochers canalisé par le lit du
torrent est brutal, rapide et dévastateur. De retour au
laboratoire voici une représentation de la lave
torrentielle écoulement d'un mélange boueux très
concentré. On constate tout de suite que cet écoulement
n'est pas turbulent comme celui de l'eau. Les éléments
du fluide glissent les uns sur les autres et il n'y a pas
de diffusion du colorant. La vitesse des grosses
particules est proche de celle des matériaux fins et de
l'eau. Ce n'est pourtant pas un mouvement en masse : il
faut remarquer que plus les particules sont prêt du
bord, plus elles vont lentement. La vitesse des
matériaux entraînés est celle de la boue, sauf sur les
bords, où les blocs lourds se déposent. A débit égal
dans le canal, la hauteur de la lave torrentielle est
plus grande que celle de l'eau, et sa vitesse beaucoup
plus faible. Les laves contiennent de grandes quantités
de matériaux solides, et leur densité est plus du
double de celle de l'eau. Revenons au laboratoire pour
constater qu'un volume de boue donné versé sur un plan
incliné s'arrête. Lorsque l'épaisseur du fluide
devient inférieure à une valeur limite, la force de la
pesanteur qui s'applique sur le tas de boue, est
insuffisante l'entraîner. Au contraire les fluides
simples ne possède pas ce qu'on appelle le "seuil
de contrainte". Tout le liquide s'écoule, même si
l'interaction de la surface sur l'eau permet à quelques
gouttes de rester sur place. De même un fluide plus
visqueux que l'eau, tel du miel, ne s'arrête pas. Pour
étudier le phénomène, les hydrodynamiciens ont mis en
place des modèles réduits où ils simulent
l'écoulement. Le paramètre crucial de l'écoulement est
sa viscosité : dans une boue argileuse, elle est due aux
frottements internes des couches qui glissent les unes
sur les autres. Les maquettes des ouvrages d'art sont
adaptées à une efficacité optimale. Des aménagements
locaux et des ouvrages d'art tendent à canaliser le
cours des laves. On dévie leur cours pour éviter les
obstacles ou elles s'arrêteraient trop brutalement : les
canalisations essoufflent les flots de laves et les
orientent vers une zone de déversement. Là; leur fureur
apaisée, les boues s'étalent sans dommage. La nature
n'est pas toujours clémente. Ceux qui sont soumis à ses
aléas le savent, les citadins, romantiques et naïfs,
l'on quelquefois oublié.
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