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La main de
BerthaLe jour de décembre 1895 où le physicien allemand Wilhelm Conrad
Röntgen légèrement exalté demanda la main de sa femme, ce n'était pas pour l'épouser
une deuxième fois mais c'était, dans le strict sens du terme, pour assouvir un besoin
urgent.
Il devait sans délai photographier
une quelconque partie d'un corps vivant pour vérifier la plus ahurissante découverte que
le hasard avait mis sur sa voie, et en dehors de lui-même, sa femme était l'être vivant
le plus proche. Il plaça la main de son épouse devant une plaque photographique. En
guise d'éclairage, il y avait un curieux tube de verre appelé tube de Crookes, et au
lieu d'inonder la pièce de lumière, Rontgen ferma les volets et tira les rideaux. Toutes
les questions que dut se poser Bertha quant à la santé mentale de son mari, ou à ses
performances techniques de photographe amateur, se volatilisèrent quand elle vit le
résultat : sur la photo de sa main, la chair et les muscles avaient disparu, on ne voyait
plus que les os et la bague qui entourait l'un des doigts. Ce qui avait éclairé sa main
était un rayonnement invisible et inconnu, tellement inconnu que son mari le baptisa
"X".
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