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Portrait :
Françoise Brochard-Wyart
Je m'appelle Françoise Brochard
Wyart, je suis enseignante chercheuse. Enseignante, j'enseigne à l'université
Paris VI et chercheuse, j'appartiens à un laboratoire du C.N.R.S qui se
situe à l'institut Curie et qui s'appelle : Physico-Chimie Curie.
Eh bien, je suis chef d'équipe, c'est-à-dire que je suis responsable d'un
groupe et ce groupe s'appelle : le groupe des surfaces douces. Alors,
ce baptême "surfaces douces", ça vient du fait que l'on travaille dans
un domaine qui s'appelle le domaine de la matière molle et d'autre part,
on travaille aux interfaces et on aurait dû s'appeler "surfaces
molles". On trouvait que c'était quand même très péjoratif et on a décidé
de l'appeler : surfaces douces.
J'ai, dans cette équipe, donc, quatre étudiants, actuellement, qui vont
soutenir leur thèse très bientôt, et je vais vous les présenter.
F. B-W. : Alors voici mon groupe. Cécile travaille sur la bactérie
artificielle. Axel regarde, lui, comment des cellules vivantes viennent
se coller sur des surfaces. Olivier travaille sur les trous qui se font
dans les globules rouges artificiels. Alors, l'essentiel de mon travail
dans cette équipe, c'est de trouver sur quoi on va travailler et ensuite
de proposer ces thèmes aux étudiants. Voilà, c'est la fin de la photo,
on s'en va. Non, on recommence, y avait… Ca n'a pas marché, il faut recommencer.
Donc, en trois ans, chaque thèse, c'est un sujet qui a été défini, creusé,
et puis, finalement, si tout se passe bien, chaque étudiant aura fait
une découverte. Et on va vous montrer le genre de chose sur lequel on
travaille. Dans toute bonne thèse, un étudiant travaille sur un sujet
nouveau et ensuite, ce travail, il va falloir le publier. Alors, le publier
dans des revues internationales, c'est la façon d'être jugé finalement
par ses pairs, et puis ensuite, le publier dans des revues à public plus
large pour vulgariser notre activité.
Alors, vous voyez ici l'image de goutte. On a travaillé sur le mouillage
et on a travaillé aussi, en particulier, sur le démouillage. Bien que
ce soit un phénomène très courant, -chaque fois que vous sortez de la
douche, en fait, vous êtes couvert d'un film d'eau et si vous regardez
votre peau, vous allez voir des zones sèches qui apparaissent et qui vont
croître- eh bien ce phénomène n'avait jamais été étudié avant la thèse
de Claude Redon qui est ici et qui a préparé un film très fin, et avec
une aiguille, elle va venir faire un trou dans ce film et elle va créer
une zone sèche.
Et vous voyez ici l'ouverture de la zone sèche et c'est ça qu'on appelle
le démouillage. Donc, c'est donc comprendre comment un système va sécher,
finalement, sans chaleur, uniquement spontanément par retrait du film.
Alors, ce travail sur le démouillage a été repris par trois étudiants
qu'on a appelé les trois mousquetaires et qui ont prolongé ces études
en étudiant le démouillage de liquides ultra visqueux et ensuite, l'éclatement
des bulles visqueuses.
Au bout de trois années de dur travail, l'étudiant soutient sa thèse devant
un jury et puis ensuite, c'est la fête et c'est l'occasion pour moi de
découvrir sa famille. Parce que finalement, j'ai passé trois ans très
proche de mon étudiant et puis là, je découvre ses parents et sa mère,
et puis on fait des échanges sur cet étudiant qu'on a tous les deux, toutes
les deux aider à devenir un adulte dans des domaines tout à fait différents.
Alors, on va voir cet article-là, qui doit partir lundi maintenant. Où
est-ce que tu en es ? Tu as fait toutes les corrections ?
Laurent : J'ai presque fini. Le seul problème, c'est qu'on a vitesse
de décrochage…
F. B-W. : Ah oui, oui ! Là, t'as pas fait cette correction que
je t'avais demandé de faire, là. Tu oses pas corriger des articles de,
d'Elie Raphaël et de Pierre-Gilles de Gennes. Ils avaient mis une, euh…
une vitesse fonction de l'angle qui doit être modifiée dans le cas de
la succion. Tu sais, on en avait parlé, qu'il fallait faire cette correction
sur la vitesse, là. Et j'avais mis un petit paragraphe que tu as fait
sauter, là.
Laurent : Ouais, ouais, je vois, mais en fait, euh… C'est bête
mais je l'ai oublié…
F. B-W. : Tu l'as oublié !
Laurent : … cette correction.
F. B-W. : Ah, là, là ! Et moi qui avais travaillé là-dessus ! Bon,
on va peut-être le reprendre un petit peu. Alors, j'ai discuté avec eux
et ils sont d'accord qu'il faut mettre ce terme correctif, donc il faudrait
que tu le mettes.
Laurent : Pour, pour la transition entre les deux parties.
F. B-W. : Oui.
Laurent : Pour mieux comprendre.
F. B-W. : Oui, pour mieux comprendre l'approximation qu'on fait
après. Donc, je trouve qu'il vaut mieux mettre ce petit paragraphe. D'accord
? Et c'est tout ce qu'il y a à savoir là, on a fini ?
Laurent : Ben, c'est tout, ouais.
F. B-W. :Bon, ben, ça va partir lundi. Et après, on peut faire
la suite sur le démouillage. Très bien.
Laurent : Voilà.
F. B-W. : Bon, bravo.
Laurent : Merci.
F. B-W. : Ce que j'aime dans mon métier, c'est travailler avec
des gens jeunes. Alors, quand ils viennent en thèse, ils me disent : j'ai
choisi de travailler avec vous. Et je leur explique que moi, je suis théoricienne
et qu'ils vont être autonomes. Ils vont mener eux-mêmes leurs expériences
et on va discuter ensemble. Et c'est toujours un pari quand on va se lancer
comme ça dans une thèse, c'est un pari mutuel. Et jusqu'à maintenant,
ces paris, finalement, ont toujours bien marché. Donc, on est confiant
pour la suite.
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