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Emission du 29 août 2000 | |
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Fritz Jauker Fritz JAUKER : Voici
un Sceau de Salomon, également appelé Polygonatum. Beaucoup de plantes figurent dans les vieilles légendes populaires médiévales. Fritz Jauker est amateur de contes botaniques. Il est professeur de zoologie à l'institut physiologique de l'université de Giessen, en Allemagne. Son credo : seuls ceux qui connaissent la nature sont en mesure d'agir en conformité avec elle. Fritz JAUKER : Je crois que je suis un peu égoïste. D'abord parce que j'aime, bien évidemment, observer mon environnement d'une manière très particulière. Ensuite, parce que j'aime aussi naturellement communiquer ma conception des choses. Néanmoins, je pense que le respect et la reconnaissance des animaux, mais également des plantes, est une condition importante même pour le biochimiste ou le biologiste moléculaire. Ils ne peuvent bien choisir leur objet d'étude que s'ils connaissent les animaux et les plantes. Dans un laboratoire, une sangsue se voit ôter la peau du dos. Les activités de recherche que mènent Fritz Jauker et ses assistants, portent sur le mode de fonctionnement des organes. Le microbiologiste étudie le transport de substances entre les membranes. Fritz JAUKER : La peau de la sangsue est mise au contact de diverses substances chimiques présentes dans l'environnement. Nous espérons que la membrane y sera sensible. Nous espérons aussi que la fonction de la membrane, qui est d'opposer une résistance ou, au contraire, de permettre un flux, va être altérée par ces substances et que cet appareil révélera ces altérations. Nous utilisons la peau de la sangsue comme un instrument de mesure. Ce processus est appelé aujourd'hui " biosensoring ". L'organe d'un animal nous aide à analyser des facteurs de l'environnement. Deux récipients séparés contiennent deux solutions différentes. La peau de la sangsue est tendue entre les deux récipients, dans une chambre dite circulante, et entre au contact des deux solutions. D'un côté se trouve l'intérieur du corps, de l'autre l'environnement. Fritz Jauker a conçu lui-même cet appareil. Fritz JAUKER : J'attends de tous les biologistes qu'ils étudient un problème adéquat en utilisant leurs propres méthodes et qu'ils résolvent ce problème et établissent de nouvelles connaissances. La découverte scientifique n'est heureusement pas fonction du prix des équipements scientifiques mais fonction, disons, de l'intelligence du chercheur, de son inspiration et de la muse. De la muse qui lui baise le front. Fritz Jauker est un chercheur à part. Il consacre chaque minute de son temps libre à sa propre parcelle de forêt. En compagnie de son chien Fenneck, il ne cesse d'aller à la découverte du vivant. Fritz JAUKER :
Voici la mercuriale vivace, qui prospère en abondants bosquets - la Mercurialis
perennis. Né dans les pays baltes, Fritz Jauker a longtemps été président de l'association de protection de la nature de la Hesse. Il a notamment oeuvré en faveur de la reforestation des rives fluviales. Il s'est toujours considéré comme un ambassadeur de la nature et agit en fonction des lois écologiques et des règles de l'évolution, où le mieux est toujours l'ennemi du bien. Fritz JAUKER :
C'est un pinson des arbres juvénile, un jeune pinson des arbres. On le
reconnaît aux bandes blanches des ailes. Il n'est pas là depuis longtemps.
Peut-être depuis hier. C'est un jeune. Le bec est encore jaune et la queue
n'a pas fini sa croissance. Il est sûrement tombé du nid et je pense que
le nid doit se situer quelque part en haut ici. Il a sans doute été trop
téméraire et il est tombé du nid.Il ne va pas rester longtemps ici. Voilà
le coupable qui arrive ! La nature répond d'elle-même aux grandes questions de l'existence. Le biologiste est un philosophe. Fritz JAUKER : Pourquoi la puce saute-t-elle moins haut que le léopard des neiges, par exemple ? Existe-t-il des différences reposant uniquement sur le fait que certains animaux sont petits, tandis que d'autres sont grands ? Comment les grands animaux se comportent-ils par rapport au saut ? Et les petits ? Jauker enseigne une autre manière d'appréhender la zoologie. Il remet en question les choses qui nous semblent familières pour les aborder dans une perspective nouvelle. Professeur de physiologie animale à l'université de Giessen, il entretient ses étudiants de la grandeur absolue des animaux. Son cours est destiné aux connaisseurs. Fritz JAUKER : La question, c'est bien sûr : quel monde l'homme voit-il lorsqu'il observe son environnement ? Voit-il la réalité ou voit-il quelque chose qu'il prend pour la réalité ? De nos jours, les étudiants en biologie connaissent davantage l'ADN des différentes espèces que leur apparence réelle ou leurs caractéristiques. A l'université, les animaux vivants ont disparu. Peu d'étudiants ont encore l'occasion d'observer une grenouille vivante. Fritz JAUKER : Nous ne sommes malheureusement pas capables de voir la réalité telle qu'elle est. Nous la filtrons à l'aide de nos organes sensoriels humains et prenons ce que nous connaissons de la nature pour la réalité. Je pense qu'il est plus important de respecter la nature. C'est sûrement plus difficile que de la connaître. Mais la respecter, c'est ça qui devrait primer.
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