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Emission du 10 octobre 2000 | |
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Agrumes La station de recherche agronomique de San Giuliano, en Corse, est un important centre de préparation et de maintien des plants d'agrumes. Ce centre, qui accueille des chercheurs de l'INRA et du CIRAD, Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement, garantit des arbres sans maladie, avec des caractères morphologiques bien définis. Il faut entre 5 et 7 ans pour qu'un arbre cultivé au centre arrive chez un producteur d'agrumes. Aujourd'hui, quelques 4500 variétés d'agrumes sont disponibles dans le monde, comme la main de Bouddha, la clémentine ou le citron. Mais pourquoi les agrumes ont-ils besoin des scientifiques ? La plupart des variétés d'agrumes cultivées et consommées actuellement sont issues de la sélection, c'est-à-dire que ce sont des espèces hybrides, fabriquées par l'homme pour augmenter les capacités de l'arbre, tant au niveau du rendement que de la forme et de la qualité de ses fruits. Ces variétés issues de la sélection présentent deux inconvénients majeurs : D'une part, les caractères avantageux sont génétiquement instables : ils se transmettent difficilement de génération en génération. D'autre part, ces plants sont sensibles aux attaques des parasites et aux maladies virales, nombreuses chez les agrumes. C'est pour lutter contre ces deux inconvénients que les chercheurs de la station de San Giuliano ont amélioré la technique classique de la greffe pour effectuer des microgreffes. L'avantage de cette microgreffe est d'utiliser une partie de la tige en pleine croissance qui n'est pas en relation avec le reste de la plante. La greffe peut donc s'effectuer à partir de n'importe quel plant, la partie utilisée ayant très peu de risque d'être infectée par le moindre virus. En revanche, le choix du porte-greffe est très important. C'est de lui que viendra la vigueur de l'arbre et une bonne résistance aux parasites, comme les pucerons et les cochenilles, qui favorisent la prolifération de champignons sur les feuilles. Dans le cas des agrumes, le porte-greffe le plus utilisé est une espèce appelée Poncirus trifoliata. Pour effectuer le microgreffage, on utilise des pousses du porte-greffe vieilles d'une quinzaine de jours. Les petites feuilles qui ont commencé à pousser sont coupées, pour ne laisser que la tige. Cela permettra au greffon, la partie de la plante que l'on ajoute, de disposer de toutes les ressources de son porte-greffe. Une petite
incision est pratiquée sur l'extrémité de la pousse. Le greffon est placé dans l'incision faite sur le porte-greffe. La plante greffée est ensuite mise en culture. Au bout de 7 semaines environ, la greffe a pris, et elle est elle-même greffée sur un arbuste plus grand. C'est pour les chercheurs le moment de tester si la greffe porte une maladie. Dans une serre protégée, l'arbuste est mis en contact avec des plantes très sensibles aux maladies. Si le greffon contient le moindre virus, la maladie se propage rapidement aux plantes environnantes. Avec une souche de porte-greffe résistante aux parasites et un greffon sain de toutes maladies, le plant est cultivé au centre de recherche pendant plusieurs années. Sa résistance est alors régulièrement vérifiée avant qu'il ne soit proposé à un producteur d'agrumes. |
| © 1998 ARTE G.E.I.E |