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Emission du 10 octobre 2000 | |
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PORTRAIT : Michel Garcia Notre
travail consiste à étudier sur place les documents. Ici des photos sont
enregistrées dans cet ordinateur et nous y travaillons. Il s'agit pour
une grande part des vestiges humains; d'ailleurs vestige veut dire trace
de pas à l'origine et par ailleurs les empreintes des animaux, c'est-à-dire
les pistes également laissées par les ours, les hyènes, les loups et d'autres
animaux encore et il y a également les foyers, les mouchages de torches
pour raviver la torche qu'ils portent dans la main pour s'éclairer qui
sont des traces de progression dans la cavité. Alors là, c'est une expérience que j'avais faite en 1973 je crois dans la grotte de Fontanet qui venait juste d'être découverte et j'avais décidé donc de planter mon chevalet et de peindre ce bison dans le fonds de cette grotte, alors le bison du haut effectivement c'est le bison que l'on voit au naturel et le bison du bas, c'est celui que je reproduis. Ce que je voulais savoir, c'est comment l'artiste préhistorique se débrouillait face à cette paroi, et moi devant ma toile même si c'est une toile qui n'est pas accidentée comme l'est la roche sur laquelle peignait le préhistorique, les gestes qu'il a fait, en gros, je les ai faits également avec mes pinceaux, différents, bien entendu. Alors dans cette expérience au bout d'un certain temps, ben, je me sentais un petit peu comme le magdalénien en train de peindre dans sa grotte avec un éclairage qui était l'éclairage à l'acétylène un éclairage un petit peu bleuté ce qui fait que mes couleurs ont une légère démarcation par rapport à l'original. Ces deux têtes de bison viennent de la même grotte, de la grotte de Niaux, du salon noir, pratiquement du même endroit et elles ont été faites quasiment à la même époque peut-être à quelques années d'intervalle. Alors, il s'agit en effet du même animal, en revanche, ce qui est différent, c'est la façon dont ils sont traités ; l'un tendra vers un naturalisme plus grand, l'autre vers un schématisme un peu plus grand. Alors, on a affaire à une expression individuelle au travers peut-être d'un même style général qui concerne une même culture, mais il y a une espèce de liberté de l'artiste de s'exprimer à sa façon, c'est-à-dire que par exemple, cette barbe du bison qui est délimitée par un trait n'est pas nécessairement faite de la même façon ici. C'est-à-dire que à la fois il y a la nécessité de représenter un bison alors cela peut être dictée par une volonté qui peut être soit liée au chamanisme, au totémisme, à la magie de la chasse, ce qui a été dit au long de toutes ces dernières années mais, ce qui m'intéresse moi en tout cas, c'est cette relation très forte d'un individu qui est motivé par une société et qui va exprimer en quelque sorte son for intérieur. Bien que ce soit difficile, je continue à mener parallèlement donc mon travail de chercheur au CNRS sur l'ichnologie, l'art préhistorique et mon travail personnel de peinture de sculpture et je pense que les deux se nourrissent l'un l'autre et c'est toujours vers cette idée de cet individu confronté à des problèmes, des problèmes qu'on a à résoudre en temps qu'artiste en temps que peintre, en temps que plasticien, et ces problèmes me passionnent autant que je pense ils les ont passionnés qu'ils s'inscrivent ou non dans un cadre très stricte de religion, de morale, ou de société. Et j'avoue que ça me paraît être un moyen de me rapprocher d'eux et peut-être d'alimenter aussi le discours que d'autres peuvent avoir sur des problèmes plus fondamentaux comme justement la religion de l'homme préhistorique qui est quand même l'une des grandes inconnues qui se posent. |
| © 1998 ARTE G.E.I.E |