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Emission du 14 novembre 2000 | |
![]() Retrouvez les Grots Mots d'Archimède, consacrés cette semaine au termes techniques de ce sujet. |
Les saisons du vin Dans le long processus de création d'un vin, la science apporte souvent son aide, discrète et précieuse. Difficile pourtant d'évoquer le vin sans interroger un viticulteur. C'est dans le Languedoc-Roussillon, une région où depuis longtemps, on parle davantage qualité que quantité, que nous l'avons rencontré. Guilhem
Durand : La taille est une époque importante des travaux de la vigne
car c'est elle qui va nous permettre dès aujourd'hui de déterminer la
production à venir de la vigne. Donc on va essayer de pratiquer des tailles
relativement sévères, qui vont donner des, des rendements beaucoup plus
faibles avec une concentration plus importante en matière euh... colorante,
en tanin et assurer des vins d'un potentiel aromatique plus important. Vers la fin du mois de mars, il y a un gonflement des bourgeons puis la sortie de la pointe verte, c'est à dire les premières petites feuilles qui commencent à sortir du bourgeon, et ensuite vers le 15, 20 juin donc on va avoir la floraison, c'est à dire qu'il va y avoir la fécondation et formation du grain de raisin. Il est tout petit au départ, il ressemble, il a la taille d'un plomb de chasse et puis petit à petit, il va grossir. Et on va arriver à cette période de l'année, c'est à dire entre le 15 et le 30 juillet, suivant les années aussi, on va avoir un début, pour les cépages rouges notamment, un début de virement des grappes. Comme nous pouvons le voir, certaines grappes sont encore pratiquement entièrement vertes avec seulement quelques grains qui sont un petit peu colorés, d'autres qui sont un petit peu plus colorées comme celles-ci, mais toujours avec présence de grains verts, et petit à petit, on va aller vers une... vers un foncement de la couleur pour arriver à une couleur carrément euh, pratiquement noire. Au fur à mesure de la maturité, la maturité je pense euh...à aujourd'hui, va se faire aux alentours du 10-12 septembre donc, il y en a encore pour un mois ou un mois et demi. Donc nous allons avoir une diminution progressive de l'acidité, une augmentation de la quantité de sucre à l'intérieur de la baie et c'est cette quantité de sucre à l'intérieur de la baie qui, au moment de la vinification, va se transformer en alcool, et va donc déterminer le degré potentiel du vin. Donc, le sucre a la propriété de dévier la lumière et c'est ce que va mesurer en fait le réfractomètre et il va traduire cette mesure d'angle par directement le chiffre correspondant au... degré d'alcool potentiel contenu à l'intérieur de la baie. Et nous regardons à l'intérieur. Voilà et nous pouvons donc euh...lire le degré d'alcool potentiel qui se situe à trois, donc vraiment très peu d'alcool .On va aller vers des valeur de sucre qui vont de plus en plus augmenter jusqu'à la veille des vendanges, et l'acidité au contraire donc va diminuer. Les vendanges ne sont pas encore terminées que se prépare déjà la vinification, c'est-à-dire la transformation du jus de raisin en vin : une étape où ce que l'on appelle la chimie du vin prend tout son sens. Guilhem
Durand : A la sortie de la benne, lorsque arrive euh...la vendange,
nous prenons une certaine quantité de moût dans une éprouvette pour déterminer
le degré alcoolique en puissance contenu dans ce moût. Pour cela nous
prenons un mustimètre que nous mettons dans le... dans l'éprouvette et
nous attendons la stabilisation, ici nous pouvons lire une densité de
moût de 1080, donc un degré alcoolique en puissance d'environ 11 degrés.
Donc
nous avons rempli la cuve avec le moût et les différentes particules solides
constituées des baies de raisin. Donc ce qui va se passer une...au bout
de 24 heures généralement euh... le...se forme un chapeau, qui est le
chapeau de marc, dans lequel s'agglomèrent toutes les particules solides
et les particules liquides qui sont plus denses, toute la partie du moût
qui est plus dense va se retrouver au fond de la cuve ainsi que les différentes
lies et bourbes qui vont se trouver carrément au fond de la cuve. Nous
pouvons donc voir les trois phases : une phase disons de bourbe, une phase
liquide qui est constituée du moût sucré, du moût de raisin, et la phase
supérieure qui est en fait ce que l'on appelle du chapeau de marc. La couleur est fort sympathique donc ce sera un calme, mais y en a un un peu plus foncé donc... Robert Dejean : Très bien. On va aller le voir. Alors après ça, c'est les cuves que t'as décuvé là bas : Cinsault et deux Cinsault. Et deux Cinsault ici. Et ça donc c'est... Guilhem Durand : Et ça c'est les, ce sont des Carignan que j'aimerais décuver la semaine prochaine. Robert Dejean : D'accord. Guilhem Durand : Donc faudrait faire les degrés, les sucres pour voir un petit peu si on peut y aller. Robert
Dejean : Les échantillons que nous avons collectés aujourd'hui sont
aussitôt référencés et introduits dans l'ordinateur. Puis ils sont alignés
sur les paillasses où là ils seront traités, en fonction de l'analyse
qui est demandée. Guilhem Durand : Une fois que les fermentations alcooliques sont terminées c'est-à-dire que les levures ont consommé tout le sucre et l'ont transformé en alcool, une phase importante est la fermentation malolactique. Cette fermentation malolactique a pour but de transformer sous des bactéries lactiques, l'acide malique en acide lactique, ce qui va entraîner au niveau du vin une désacidification du vin et un assouplissement du vin. Pour contrôler cette fermentation malolactique, nous allons prendre un échantillon de vin et une goutte de cet échantillon va être déposée au bas du papier de chromatographie. Une fois que la goutte est déposée sur le papier, on fait la même chose avec le deuxième échantillon et avec le troisième échantillon. Ensuite le papier est mis dans une cuve ou dans un bocal contenant un solvant organique qui va permettre de faire migrer les acides en fonction de leur poids moléculaire c'est-à-dire en fonction de leur poids. Donc après séchage du papier de chromatographie, nous pouvons faire le diagnostic des trois cuves que nous avons échantillonnées. Donc sur la cuve 27, nous pouvons voir donc des tâches au niveau de l'acide tartrique mais ça c'est un constituant normal du vin terminé. Par contre sur la, sur cette cuve 25, nous voyons une tâche importante qui se situe ici qui correspond à l'acide malique donc nous pouvons dire que la fermentation malolactique n'est pas terminée ou du moins n'est pas enclenchée. Par contre, sur les cuves 11 et sur les cuves 9, il n'y a plus de tâche au niveau de l'acide malique, par contre nous retrouvons des tâches au niveau de l'acide lactique donc ce qui signifie que sur ces deux cuves la fermentation malolactique est terminée. Donc sur ces deux cuves va pouvoir commencer l'élevage du vin. L'élevage, c'est-à-dire l'étape où le vin finit sa maturation grâce à une oxygénation douce. Réservé aux vins de qualité, cet élevage peut prendre entre quelques mois et deux ans. Commence alors l'assemblage. Comme
beaucoup d'appellations d'origine contrôlée, le Corbières est un vin d'assemblage
c'est-à-dire qu'il est issu de euh... du mélange de plusieurs cépages
différents qui sont tous autorisés dans l'appellation. Robert Dejean : Alors je crois Guilhem, si on doit construire un vin c'est à partir je crois de ces, de ces structures, de ces structures-là qu'il faudrait donc amener peut être une finesse par l'assemblage de la i4 par exemple et la numéro 7 et pourquoi pas à ce moment là donner un peu plus de longueur aromatique avec la fameuse siéra numéro 5, siéra grenache qui est particulièrement bien épicée et qui amènerait justement sur la longueur cette, cette touche aromatique d'épices avec un petit peu de fruits très rouges... Tout est donc affaire de dosage, et bien sûr de goût. Après la mise en bouteille, il faudra attendre plusieurs années d'un long et nécessaire repos dans une cave, pour savoir si cette création, qui a pris une année, est une réussite. |
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