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Élection "Il faudrait que
nous ayons un système électoral juste, s'exclama Archiprime, l'élève d'Archipi,
c'est-à-dire qui reflète au mieux les choix des électeurs." Notre premier système
électoral, continua Archipi, est une élection à un tour : chaque électeur
vote pour son premier choix. François est élu avec 7,2 millions de voix.
Comme les électeurs
des quatre derniers groupes préfèrent Ute à François, la candidate allemande
est élue avec l'écrasante majorité de 14,8 millions d'électeurs contre
7,2 pour le candidat français. Que nenni, lui répondit
le professeur Archipi ! Prenons un système à plusieurs tours où, à chaque
tour, on élimine le candidat qui a le moins de voix. Ce système correspond
au dicton selon lequel les électeurs éliminent plus qu'ils ne choisissent.
Au premier tour, John, qui n'obtient que 2, 4 millions de voix, est éliminé.
"Et si nous utilisons
le système du mathématicien Borda, demanda Archiprime, où chaque électeur
attribue 5 points au premier choix, 4 au deuxième choix, 3 au troisième,
etc.? Avec ce système à un tour, qui serait élu ? "Le seul candidat
qui n'ait pas gagné avec un des quatre systèmes électoraux que nous venons
d'examiner est John, le candidat anglais : nous allons le faire gagner
avec un dernier système, le système de Condorcet. Dans celui-ci, nous
opposons chaque candidat à tous les autres, et nous comptons celui qui
a le plus de victoires. "Avec ces cinq systèmes électoraux qui semblent également justes, nous avons cinq résultats différents, continua Archipi. Ceux qui choisissent le système électoral déterminent l'heureux gagnant. C'est sur des considérations de cet ordre que Kenneth Arrow, prix Nobel d'économie en 1972, prouva qu'il n'y avait pas de système électoral qui soit juste. La démocratie parfaite est un rêve impossible… " |
| © 1998 ARTE G.E.I.E |