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Clonage En février 1997,
le monde entier apprenait qu'un laboratoire écossais avait concrétisé
un vieux fantasme de la biologie : cloner un mammifère. Pour comprendre ce qu'est la production d'un clone, survolons d'abord la reproduction d'un humain, plus généralement d'un mammifère. Toutes les cellules d'un organisme vivant détiennent dans leur noyau la totalité du patrimoine héréditaire de cet organisme, contenu dans les chromosomes. Présents dans le
noyau de toute cellule, les chromosomes ne sont visibles au microscope
optique qu'au moment où la cellule se divise pour se reproduire. La cellule sexuelle
femelle, l'ovule, contient donc 23 chromosomes qui viennent de la mère.
La cellule sexuelle mâle, le spermatozoïde, contient de la même façon
23 chromosomes du papa. Quand le spermatozoïde s'unit à l'ovule, les deux noyaux fusionnent, les deux séries de chromosomes se rapprochent par paires. S'ouvre alors au sein de chacune de ces paires, une séance de troc effrénée et désordonnée, l'un s'échangeant avec l'autre d'innombrables morceaux de chromosomes au petit bonheur la chance. Le nouveau noyau présente maintenant 46 chromosomes nouvellement remaniés, pour faire une chère tête blonde, ou brune ou rousse, ça dépend du programme. Enfin, c'était comme
ça jusqu'à ce qu'arrive le génie génétique, parfois appelé biotechnologie.
Voici donc l'ovule garni d'un jeu de chromosomes complet, comme s'il venait de fusionner avec un spermatozoïde. Pour l'en convaincre encore mieux, on lui envoie un choc électrique, à la suite duquel cette nouvelle cellule va se reproduire comme les autres, en 2, en 4, en 8., etc. pour donner un embryon, puis un organisme dont les chromosomes seront exactement les mêmes que celui chez qui on a prélevé le noyau, bref, qui sera le même individu. Voilà un clone. Il a fière allure, nonobstant le fait que, pour le moment, les techniques restent très incertaines, et les résultats obstinément aléatoires. En dehors d'un intérêt
scientifique légitime, ce type de clonage - qu'on appelle " reproductif
", n'est envisagé que pour des projets discutables lorsqu'il concerne
les humains: il a été interdit par la plupart des gouvernements. Chez un homme malade, ou chez qui on révèle une prédisposition à l'être, on prélève une cellule saine, à partir de laquelle, on crée un clone qui ne dépassera pas le stade de l'embryon. Certaines des cellules de cet embryon ont le potentiel de devenir des tissus que l'on trouve dans le cœur, ou les os, ou les neurones... Cet embryon thérapeutique servira de réservoir dans lequel on puisera ces cellules que l'on développera par culture pour obtenir les tissus sains dont on a besoin. Quand on remplace les cellules ou les tissus malades par les mêmes en parfait état, le patient assimile ces greffes comme si elles venaient de son propre corps, sans aucun rejet.
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| © 1998 ARTE G.E.I.E |