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Emission du 16 janvier 2001 | |
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Thérapie génique Avril 2000. Certains appellent la thérapie génique "médecine du 21e siècle", d'autres n'y voient que le champs d'action discutable mais juteux des start-up de la bio-économie internationale. Pour avoir une idée de ce que sont les thérapies géniques, il faut d'abord ouvrir l'armoire des notions qu'il est bon de se rappeler. Les médecins connaissent actuellement près de 3000 maladies d'origine génétique. Certaines sont très rares, d'autres sont très connues, telle l'hémophilie ou la mucoviscidose. Certaines sont très graves, d'autres moins, mais toutes sont dues à la déficience d'un ou plusieurs gènes. Les gènes. Il y a dans le noyau de chacune des milliards de cellules qui composent notre corps des objets au nom barbare et poétique de chromosomes. Ces petits spaghettis sont principalement constitués d'une longue molécule appelée ADN, elle même composée d'une longue chaîne de briques élémentaires désignées par les lettres A,T,G et C. C'est avec cet alphabet qu'est écrit le programme qui nous construit, nous façonne, nous répare, nous maintient en vie : ce que les scientifiques appellent le génome. Chaque cellule n'utilise que la petite partie de ce code qui la concerne mais en détient l'intégralité, c'est bien pratique. Chaque information contenue dans le génome, comme de définir la couleur des yeux, les défenses immunitaires ou la longueur des poils du nez, s'appelle un gène. Une maladie génétique survient lorsqu'un gène est anormal, incomplet ou totalement absent. Pour guérir une telle maladie, les chercheurs ont eu l'idée de remplacer le gène déficient par un gène tout neuf : voilà précisément l'objet des thérapies géniques. Ouvrir le noyau d'une cellule malade pour y introduire un gène corrigé, est plus facile à dire qu'à faire. Parmi plusieurs méthodes explorées, l'emploi d'un virus comme moyen de transport s'annonce la plus satisfaisante. Virus. Et c'est là que les lumières rouges s'allument. Avant de franchir le pas qui nous ferait user de la création d'un être humain comme d'un jeu de construction en plastique, il est normal qu'on se pose toutes les questions appropriées, en essayant de ne pas en oublier. En attendant, les recherches pour modifier le génome de l'embryon humain ont été interdites. On n'attend pas de résultats d'ampleur des thérapies géniques avant 10 ou 15 ans. D'ici là, espoir des malades, avancée scientifique, pression de l'économie libérale, question cruciale du devenir humain, toutes ces bonnes raisons vont danser un ballet sans doute plus délicat et complexe que la valse des petits brins d'ADN sur leur hélice virevoltante. |
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| © 1998 ARTE G.E.I.E |