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Emission du 31 juillet 2001 | |
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L'araigné,
la chèvre et le savant Des scientifiques viennent de décrypter le code génétique de ce fil de soie, ouvrant la voie à sa synthèse artificielle. Jeffrey TURNER, Nexia, Montréal C'est ici à Montréal, après cinq années de recherches intenses, que Jeffrey Turner a réussi à introduire le gène de la soie d'araignée dans le code génétique de chèvres. Dans ce laboratoire, la mise au point du bio-acier a débuté avec une chèvre artificielle. Jeffrey TURNER De la soie d'araignée au laboratoire ? Mais pourquoi a-t-on encore besoin d'une chèvre ? Jeffrey TURNER Jeff Turner rend de très fréquentes visites aux chèvres à leur étable, à une heure de voiture au nord de Montréal. Le site est totalement coupé du monde extérieur, comme l'impose la législation canadienne en matière de génie génétique. Les rares voisins connaissent les particularités des animaux élevés ici et acceptent ces recherches. Dans cette étable, 150 chèvres et une poignée de brebis sont maintenues en bonne santé par cinq assistants. Elles produisent de la protéine de soie d'araignée dans leurs glandes mammaires. Les chercheurs essaient actuellement de trouver la race de chèvre qui serait le plus adaptée à la production de soie. Pour Jeff Turner, la chèvre est l'animal le mieux approprié. Jeffrey TURNER Les chèvres ignorent tout de la valeur de leur lait, mais elles connaissent très bien le chemin de la trayeuse. Un litre de lait contient environ 20 grammes de protéine de soie d'araignée. Après filtration, le lait reste propre à la consommation. Jeffrey Turner espère commercialiser les premiers produits à base de soie d'araignée d'ici un ou deux ans, sous le nom de bio-acier. Pour cela, il lui faudra environ dix fois plus de chèvres qu'aujourd'hui. De nouvelles étables sont déjà en construction. Après son isolement et sa purification, la protéine est filée pour obtenir des fils de soie. Un procédé secret, qui se déroule derrière des portes fermées. Voici les premiers fils au monde de ce super matériau qui est censé éclipser tout ce qui existe à ce jour. Jeffrey TURNER Ou une balle. L'armée canadienne investit actuellement dans le développement du bio-acier, car la soie d'araignée augmenterait considérablement le confort des gilets pare-balles. Jeffrey TURNER À condition que la soie d'araignée tienne en pratique les promesses de la théorie. À l'université de la Colombie britannique, à Vancouver, le physicien Carl Michal étudie actuellement les propriétés de la soie d'araignée. Pour cela, il a construit un champ magnétique ultra-puissant, qui lui permet d'analyser la structure des minces filaments à des températures extrêmement faibles. Il est également convaincu de l'extraordinaire résistance du matériau, mais le regard qu'il porte actuellement sur la soie d'araignée n'est pas aussi euphorique que celui de Jeffrey Turner. Carl MICHAL, Physicien,
Université de Colombie Britannique Il reste donc beaucoup à
faire avant d'imiter les araignées. Et la Néphila a désormais
également de la concurrence en Allemagne. Dans une serre de l'institut
de phytogénétique et de recherches botaniques de Gatersleben,
près de Magdeburg, on cultive en effet du tabac à soie d'araignée.
Le tabac, plante favorite des généticiens, incorpore très
facilement un matériau génétique étranger,
pousse et se reproduit rapidement. Mais il peut produire seulement quelques
millièmes de gramme de protéine de fil d'araignée.
Les chercheurs envisagent donc de passer bientôt au soja ou à
des pois. La course pour la soie d'araignée a débuté au niveau mondial. Mais à ce jour, l'araignée d'or reste la seule créature capable d'utiliser le matériau miracle. Combien de temps conservera-t-elle ce privilège ?
Sur la piste des gènes
du cancer.
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