Marius et Jeannette

Robert Guéduiguian
Filmographie


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L‘argent fait le bonheur
(1993- 92 min.)

Scénario et dialogues : un conte écrit par Robert Guédiguian et Jean-Louis Milesi
Image : Bernard Cavalie
Décors et costumes : Michel Vandestien
Musiques : Fatima Laourassia, Peter Gabriel, Johnny Hallyday, Gianna Nanini, G.Villard, Zao, Rossini
lnterprètes : Ariane Ascaride (Simona Viali), Jean-Pierre Darroussin (Le curé), Pierre Banderet
(M. Degros), Danièle Lebrun (La prostituée), Roger Souza (Jackpot), Gérard Meylan (M. Munoz), Frédérique Bonnal (M. Degros).
Avec l'amitié de Marcel Bluwal (M. Viali).

  

«J'ai toujours eu un intérêt pour la délinquance, le banditisme, pour cette tradition qui est très forte en France du voleur - donneur, qui vole aux riches pour donner aux pauvres", précise le cinéaste ; "comme Arsène Lupin, comme Robin des Bois". D'un tel point de vue, doublé chez l'auteur d'une conscience sociale élargie, résulte un discours peu conventionnel, on s'en doute. "J'ai pensé, de manière un peu provocatrice, à réveiller ces banlieues-là en faisant autre chose que les assister. Parce que la solution que proposent les pouvoirs publics ne se limite qu'à ça, de l'assistanat. Alors la seule attitude qu'ont ces gens face à ce qu'on leur impose, c'est toujours de quémander un peu plus, comme des mendiants. Je crois plutôt qu'il faut leur redonner une dignité." S'il se situe hors des normes pour aborder un tel problème, Robert Guédiguian demeure conscient de ses limites : "C'est évident que je ne peux proposer ce type de solution qu'en tant que cinéaste et pas comme homme politique, ce que je ne suis d'ailleurs pas. Et le cinéma, comme moyen de connaissance du réel, doit aussi être spectacle, donc provocation." Et selon lui, la provocation est beaucoup plus efficace lorsqu'elle passe avec l'humour. Mais un humour intelligent pas gratuit et qui a ses raisons. "C'est en ce sens que la parole des artistes est importante : on peut dire des choses qui réveillent et forcent à réfléchir", ajoute-t-il. S'il se fait le porte-parole d'un discours social favorisant les plus faibles, Guédiguian a ses raisons : "J'ai moi-même un passé de banlieue ; je suis fils d'ouvrier, je suis né dans ce monde-là et c'est un monde dont j'ai envie de parler. D'autant plus qu'on en parle très très peu ; le cinéma français ne parle que très peu du réel, très peu du peuple, des paysans, des banlieues, de la classe ouvrière." Son film s'inscrit comme une leçon particulière à l'intention des déshérités, mais, aussi de ceux qui les exploitent.
Une leçon comme il est trop rare d'en voir sur nos écrans, avec sa franchise, son immoralisme, son ironie, son humour décapant qui emboîtent le pas au point de vue iconoclaste de l'auteur. Point de vue dont tous ses films portent la marque et continuent de le faire à l‘avenir.
"Dans mon prochain film, je crois que les gens vont enlever un grand patron de l‘industrie. Pour démontrer un peu la faillite du discours libéral traditionnel. Je crois qu‘on devrait réfléchir à ça, depuis la faillite du communisme. “ Attention aux idées reçues, cinéma iconoclaste en perspective.

Vincent DESAUTELS Québec DR

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