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Le dernier regard
Environ
750 portraits funéraires des premiers siècles de notre
ère ont été préservés par les
sables secs de l'Egypte et surtout dans la région du Fayoum
d'où leur surnom. Ces portrait d'hommes et de femmes de l'Egypte
gréco-romaine étaient accrochés aux momies
embaumées. Ils sont d'autant plus exceptionnels qu'ils apportent
le seul témoignage sur les techniques picturales antiques,
tout le reste de la peinture non murale de la Grèce ou de
Rome ayant pratiquement disparu.Il s'agit d'une peinture à
l'encaustique sur bois ou parfois effectué directement à
la détrempe sur le linceul. Ces portraits présentent
des traits stylistiques étonnants qui en font à la
fois des ancêtres des icônes et les premières
étapes d'un style de portrait naturaliste qui réapparaîtra
à plusieurs reprises dans l'histoire de l'art. Certains sont
d'un brillant réalisme, d'autres plus simples, schématiques,
presque " cubistes ". D'autres encore sont traités
dans un style naïf, plus populaire.Toutes les techniques qui,
plus tard, à la Renaissance, seront trouvées (ou retrouvées)
pour rendre le portrait vivant sont déjà là
: ombrages, modelés, reflets des yeux ou des lèvres,
expressions du caractère ou des émotions. Le portrait
surnommé l'Européenne est l'un des plus beaux.Il vient
d'être étudié au Laboratoire de recherche des
musées de France puis nettoyé au Service de restauration
des musées de France aux petites écuries à
Versailles avant d'être mis en place dans les nouvelles salles
consacrées à l'Egypte romaine au musée du Louvre.
C'était l'occasion de se plonger, selon les méthodes
habituelles de la série Palettes, dans les énigmes
soulevées par ce modeste mais splendide tableau de bois :
qui était l'Européenne ? Pourquoi ce portrait ? Comment
est-il peint ? Avec quelles couleurs ? Que découvre-t-on
sous les couches de pigment ? Que signifie ce voile d'or qui couvre
une partie de la surface ? A quoi pouvait donc bien servir un tel
" portrait de momie " ?
Coproduction : La Sept ARTE, Palettes Production
et le musée du Louvre (1998)
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