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Le dessous des cartes
Trois
cartes en main, de l'or, nous sommes au milieu d'une partie de prime,
un ancêtre du poker. Huit pièces d'or devant la joueuse,
une douzaine devant le jeune homme, on joue très gros. Ce
tableau met en scène trois joueurs de cartes et une servante,
les bouches sont closes, les gestes et les regards suspendus. Le
tricheur regarde le spectateur, un as de carreau dissimulé
dans sa ceinture, seul son visage est en pleine lumière.
Ses cartes de carreau annoncent argent et commerce sexuel, alors
que celles de son adversaire, des cartes de pique, le malheur et
la lutte contre le destin. A l'époque de de La Tour, plusieurs
édits furent lancés contre les pipeurs de dés
et les fraudeurs. Cette toile, comme celle de "La Diseuse de
bonne aventure", est l'illustration d'une sentence très
courante à l'époque : "L'amour, le vin et le
jeu ont perdu plus d'un homme".Restée dans l'ombre pendant
plus de deux siècles, l'uvre de Georges de La Tour
fut longtemps attribuée à d'autres. C'est en 1915,
grâce à un critique allemand, que l'on découvrit
réellement le peintre. Si certains croient que "Le Tricheur"
est un faux, "c'est peut-être parce qu'il s'agit d'une
image improbable, excessive. Trop de couleur, trop de lumière,
trop de romanesque", conclut Alain Jaubert.
Coproduction :
La Sept ARTE, FR3, Delta Image, Musée du Louvre (1989)
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