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Portrait de l'ami en homme de cour
Quoi
de plus évident, de plus familier, de plus banal qu'un portrait
? Le portrait est un genre assez récent : il naît à
la Renaissance lorsqu'une nouvelle conception du monde (et aussi
de la place de l'artiste dans le monde) vient remplacer la pensée
médiévale. Raphaël peint l'un de ses amis, le
comte Baldassare Castiglione (1478-1529), ambassadeur de divers
princes italiens et auteur d'un des plus grands succès littéraires
du XVIe siècle, "Le Livre du courtisan". Le portrait
frappera Rembrandt, Rubens et beaucoup d'autres jusqu'à Matisse.
Raphaël s'applique à rendre le visage ouvert et sympathique
de son ami et dépouille volontairement sa composition. Pourtant
son image est criblée d'indices et peut se lire aujourd'hui
en utilisant aussi bien les analyses classiques de laboratoire que
les archives historiques. Les petits détails techniques de
la surface picturale, le choix des couleurs, les symétries
secrètes de l'image permettent déjà de raconter
comment le tableau a été peint. Mais le vêtement,
la coiffure, les matières utilisées, et jusqu'au regard
du modèle ou la façon dont sont placés les
reflets des yeux, tout a un sens précis dans cette composition.
Et le tableau raconte une histoire qui, au-delà des chaleureux
rapports d'amitié entre le peintre et son modèle,
reflète toute la philosophie de l'époque.
Coproduction : La Sept ARTE, Palette production,
Musée du Louvre (1994)
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