arte
Georges Seurat

"Un dimanche après-midi
à la Grande Jatte"

(1884-1886)

Musée du Louvre, Paris
 

Sassetta
Shitao

 


 


L'utopie orange, vert et pourpre

En mars 1886 a lieu la huitième et dernière exposition des impressionnistes. Un inconnu de 26 ans, Georges Seurat, expose une toile de très grande taille, "Un dimanche après-midi à la Grande Jatte". Une lumière étonnante, fruit d'une longue réflexion sur les origines de la sensation colorée, un fourmillement de petites taches, un paysage traité de façon classique mais peuplé de personnages caricaturaux : la toile fait un peu scandale. Elle provoquera la naissance d'un groupe, les néo-impressionnistes, ou plus vulgairement les "pointillistes". Elle marquera surtout toutes les générations ultérieures : fauves, cubistes, futuristes. Van Gogh lui-même est fasciné et, au cours des quatre dernières années de sa brève carrière, restera profondément marqué par les découvertes de Seurat. Depuis, ce tableau-manifeste a fait couler beaucoup d'encre. L'apparente banalité de son sujet cache en effet bien des mystères : il faut plonger dans les dessous de la " petite histoire " pour comprendre certaines allusions. L'histoire de la toile elle-même et des différentes techniques qui ont permis son élaboration peut aujourd'hui être entreprise grâce à diverses techniques de laboratoire. Les énigmes de la perspective et les rébus dissimulés par Seurat dans les scènes de sa toile peuvent en partie être élucidés. Un siècle après, Alain Jaubert a retrouvé le lieu exact où Seurat a préparé sa toile ainsi que l'atelier où il l'a achevée et que personne n'avait revu depuis cette époque.

Coproduction : La Sept ARTE, FR 3, CNRS Audiovisuel, CNC, Delta Image, Musée d'Orsay (1991)