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L'utopie orange, vert et pourpre
En mars
1886 a lieu la huitième et dernière exposition des
impressionnistes. Un inconnu de 26 ans, Georges Seurat, expose une
toile de très grande taille, "Un dimanche après-midi
à la Grande Jatte". Une lumière étonnante,
fruit d'une longue réflexion sur les origines de la sensation
colorée, un fourmillement de petites taches, un paysage traité
de façon classique mais peuplé de personnages caricaturaux
: la toile fait un peu scandale. Elle provoquera la naissance d'un
groupe, les néo-impressionnistes, ou plus vulgairement les
"pointillistes". Elle marquera surtout toutes les générations
ultérieures : fauves, cubistes, futuristes. Van Gogh lui-même
est fasciné et, au cours des quatre dernières années
de sa brève carrière, restera profondément
marqué par les découvertes de Seurat. Depuis, ce tableau-manifeste
a fait couler beaucoup d'encre. L'apparente banalité de son
sujet cache en effet bien des mystères : il faut plonger
dans les dessous de la " petite histoire " pour comprendre
certaines allusions. L'histoire de la toile elle-même et des
différentes techniques qui ont permis son élaboration
peut aujourd'hui être entreprise grâce à diverses
techniques de laboratoire. Les énigmes de la perspective
et les rébus dissimulés par Seurat dans les scènes
de sa toile peuvent en partie être élucidés.
Un siècle après, Alain Jaubert a retrouvé le
lieu exact où Seurat a préparé sa toile ainsi
que l'atelier où il l'a achevée et que personne n'avait
revu depuis cette époque.
Coproduction : La Sept ARTE, FR 3, CNRS
Audiovisuel, CNC, Delta Image, Musée d'Orsay (1991)
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