Les tatoués
A Raiatéa,
au milieu du Pacifique, réunion au sommet des caïds du tatouage
mondial. Dans Tracks, retour aux racines d'un art ancestral.
En 1769, le capitaine
Cook rapportait en Europe le mot "tatoo" qu'il avait entendu
de la bouche des indigènes de Tahiti. Près de 250 ans
plus tard, quarante des plus grands artistes tatoueurs reviennent sur
ces lieux mythiques.

Venus des Etats-Unis,
de Hollande, de Thaïlande, de Nouvelle-Zélande ou de France,
ils font le pèlerinage à la source de l'une des pratiques
les plus répandues de la planète à 15000km de l'Europe.
Dans les faré
aux toits de feuilles de palmiers tressés, construits selon les
méthodes traditionnelles, ces tatoueurs de vingt nationalités
différentes vont faire vivre durant trois jours toute la diversité
de l'art du marquage corporel.
Pour les tatoueurs
c'est l'occasion d'éprouver leurs techniques.

Depuis 1822, le
tatouage ancestral était interdit à Tahiti à l'instigation
des missionnaires catholiques. D'abord réapparu dans les prisons
polynésiennes au milieu des années 70, il est à
nouveau autorisé depuis 5 ans sous de strictes conditions d'hygiène.
Sur cette île de Raiatéa se rassemblaient, il y a plus
de trois mille ans, les polynésiens du grand Pacifique. Ils y
priaient le dieu Tohu, dieu des couleurs et des formes. C'est pour lui
rendre hommage que les hommes et les femmes de ces tribus se tatouaient
dès l'âge de dix ans. Sur leur peau, on pouvait lire leur
statut social et l'histoire de leur vie.

Tatouage traditionnel
Aujourd'hui le
tatouage traditionnel marquisien est en pleine explosion. Le seul hic
: c'est qu'il est plus douloureux que le tatouage moderne à la
machine.
Mais qu'il soit traditionnel ou moderne, le tatouage garde son pouvoir
de fascination.
Durant ces trois
jours, 4000 accrocs du tatouage et curieux se pressent dans le murmure
des machines autour des farés. Certains tentent l'expérience
du marquage à vie. Ici
entre tatouages tribaux, mystiques ou rock'n roll, il y en a pour tous
les goûts et pour les indécis.
Pour certains, le
tatouage, c'est une affaire de famille. Chez les Leu, on tatoue de père
en fils. Filip Leu a signé son premier tatoo à 13 ans,
en 1980. A la même époque, il passe sous les aiguilles
des tatoueurs indiens de Goa où est installée sa famille.
Dans le monde du tatouage, la famille Leu est une légende. Certains
font le voyage du Japon ou des Etats-Unis pour se faire marquer dans
leur studio de Lausanne en Suisse.
Héritier
du psychédélisme, qui l'a fait bourlinguer avec sa famille
et sa femme Loretta sur toute la planète, Félix Leu, le
père, est un passeur qui a fait exploser les barrières
du tatouage en ouvrant son premier studio en Inde en 1978, puis à
Ibiza.
Pour ce hippie,
le marquage indélébile est un combat contre les idées
reçues et les préjugés.
Aujourd'hui, Félix Leu est l'un des papes du tatouage moderne.
Pour lui, se tatouer, ce n'est pas s'exclure mais faire un choix de
vie.
28,29 30 avril
: Tatau i Taputapuatea, le premier festival international du tatouage
à Raiatea.
Tin-tin est l'un des plus célèbres tatoueurs français.
Il est de ceux qui ont fait sortir le tatouage de son ghetto. Aujourd'hui,
à Paris, sa clientèle compte des secrétaires, des
avocats et des stars comme Jean-Paul Gaultier ou Lio.
L'instigateur de cette rencontre, c'est Chimé. Originaire
de Tahiti, il a passé 5 ans en Occident, puis à Bornéo
chez les Dayaks. C'est l'un des grands artisans du renouveau du tatouage
polynésien.
Liens et infos
Pour tout connaître du tatouage polynésien : http://www.tahiti-tattoo.com
http://
www.tahiti-manava.com
Site de la famille Leu http://www.tattoos.com/jane/tattoo.html
Tin-Tin Tatouages 01 48 05 14 89 34 r St Sébastien 75011 PARIS
Bibliographie : " L'art du tatouage aux îles Marquises
"
de Pierre & Marie Noëlle Ottino
ed. Christian Gleizal, 1999
dispo en France : C°/° Ed. Didier Millet
e-mail : edmillet@easynet.fr
Disponible à la Fnac magazine " Tahiti Pacifique Magazine"
Site : http://www.tahiti-pacifique.com