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    23 juin 2000

Les tatoués

A Raiatéa, au milieu du Pacifique, réunion au sommet des caïds du tatouage mondial. Dans Tracks, retour aux racines d'un art ancestral.

En 1769, le capitaine Cook rapportait en Europe le mot "tatoo" qu'il avait entendu de la bouche des indigènes de Tahiti. Près de 250 ans plus tard, quarante des plus grands artistes tatoueurs reviennent sur ces lieux mythiques.

Venus des Etats-Unis, de Hollande, de Thaïlande, de Nouvelle-Zélande ou de France, ils font le pèlerinage à la source de l'une des pratiques les plus répandues de la planète à 15000km de l'Europe. Dans les faré aux toits de feuilles de palmiers tressés, construits selon les méthodes traditionnelles, ces tatoueurs de vingt nationalités différentes vont faire vivre durant trois jours toute la diversité de l'art du marquage corporel.

Pour les tatoueurs c'est l'occasion d'éprouver leurs techniques.

Depuis 1822, le tatouage ancestral était interdit à Tahiti à l'instigation des missionnaires catholiques. D'abord réapparu dans les prisons polynésiennes au milieu des années 70, il est à nouveau autorisé depuis 5 ans sous de strictes conditions d'hygiène.
Sur cette île de Raiatéa se rassemblaient, il y a plus de trois mille ans, les polynésiens du grand Pacifique. Ils y priaient le dieu Tohu, dieu des couleurs et des formes. C'est pour lui rendre hommage que les hommes et les femmes de ces tribus se tatouaient dès l'âge de dix ans. Sur leur peau, on pouvait lire leur statut social et l'histoire de leur vie.


Tatouage traditionnel

Aujourd'hui le tatouage traditionnel marquisien est en pleine explosion. Le seul hic : c'est qu'il est plus douloureux que le tatouage moderne à la machine.
Mais qu'il soit traditionnel ou moderne, le tatouage garde son pouvoir de fascination.

Durant ces trois jours, 4000 accrocs du tatouage et curieux se pressent dans le murmure des machines autour des farés. Certains tentent l'expérience du marquage à vie. Ici entre tatouages tribaux, mystiques ou rock'n roll, il y en a pour tous les goûts et pour les indécis.

Pour certains, le tatouage, c'est une affaire de famille. Chez les Leu, on tatoue de père en fils. Filip Leu a signé son premier tatoo à 13 ans, en 1980. A la même époque, il passe sous les aiguilles des tatoueurs indiens de Goa où est installée sa famille.
Dans le monde du tatouage, la famille Leu est une légende. Certains font le voyage du Japon ou des Etats-Unis pour se faire marquer dans leur studio de Lausanne en Suisse.

Héritier du psychédélisme, qui l'a fait bourlinguer avec sa famille et sa femme Loretta sur toute la planète, Félix Leu, le père, est un passeur qui a fait exploser les barrières du tatouage en ouvrant son premier studio en Inde en 1978, puis à Ibiza.

Pour ce hippie, le marquage indélébile est un combat contre les idées reçues et les préjugés.
Aujourd'hui, Félix Leu est l'un des papes du tatouage moderne. Pour lui, se tatouer, ce n'est pas s'exclure mais faire un choix de vie.

28,29 30 avril : Tatau i Taputapuatea, le premier festival international du tatouage à Raiatea.
Tin-tin
est l'un des plus célèbres tatoueurs français. Il est de ceux qui ont fait sortir le tatouage de son ghetto. Aujourd'hui, à Paris, sa clientèle compte des secrétaires, des avocats et des stars comme Jean-Paul Gaultier ou Lio.
L'instigateur de cette rencontre, c'est Chimé. Originaire de Tahiti, il a passé 5 ans en Occident, puis à Bornéo chez les Dayaks. C'est l'un des grands artisans du renouveau du tatouage polynésien.

Liens et infos
Pour tout connaître du tatouage polynésien : http://www.tahiti-tattoo.com
http:// www.tahiti-manava.com
Site de la famille Leu http://www.tattoos.com/jane/tattoo.html
Tin-Tin Tatouages 01 48 05 14 89 34 r St Sébastien 75011 PARIS

Bibliographie : " L'art du tatouage aux îles Marquises "
de Pierre & Marie Noëlle Ottino
ed. Christian Gleizal, 1999
dispo en France : C°/° Ed. Didier Millet
e-mail : edmillet@easynet.fr
Disponible à la Fnac magazine " Tahiti Pacifique Magazine"
Site : http://www.tahiti-pacifique.com

  © 1998 ARTE G.E.I.E